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A la découverte de l’Inde

A la découverte de l’Inde

Couleurs, encens, épices, sourire, saree, danse, Bollywood. A près de 8000 km de Paris au Sud- Est de l’Asie se trouve un pays mystérieux qui fait voyager nos sens et qui connaît aujourd’hui une profonde mutation. La rédaction des Petits Papiers de Descartes vous propose de découvrir certains aspects de l’Inde d’aujourd’hui par une série d’articles que nous publierons au fil des numéros. Ce mois –ci, place à la question de la démocratie en Inde.

L’Inde une démocratie ?

De 3000 avant JC où s’établit la civilisation de la vallée de l’Indus, en passant par l’époque védique, le règne d’Asoka, d’Akhbar…  jusqu’au Raj Britannique, l’Inde a connu une histoire mouvante et exceptionnelle. Cet immense pays est devenu un Etat fédéral composé de 28 états et 7 territoires.  Longtemps gouvernée par les maharadjas, elle devient une démocratie parlementaire en 1947 et si, par tradition et coutume, dans certains Etats tels que le  Rajasthan (la terre des rois) les maharadjas continuent à se succéder, ils n’ont qu’un rôle symbolique.

L’Union Indienne : 65 ans d’indépendance et de démocratie …en théorie !

L’Union Indienne dispose d’une constitution qui est la plus longue du monde,  qui proclame l’égalité des citoyen et la séparation des pouvoirs. De plus, des élections on lieu régulièrement. Ainsi, l’Inde semble pouvoir jouir du statut de  «  plus grande démocratie du monde ».

Malheureusement dans la pratique c’est tout autre chose, les élections sont fortement corrompues et très irrégulières dans certaines collectivités. Une pression forte est parfois exercée sur les citoyens par les « élus » qui cherchent à les corrompre. En 1971, Indira Gandhi  (Premier ministre) avait été accusée de corruption électorale, celle-ci avait décrété  l’Etat  d’urgence durant lequel elle fit réprimer violemment les opposants.

Par ailleurs, on observe que la lignée Nehru-Gandhi se « succède » quasiment depuis Motilal Nehru (père de Jawaharlal Nehru) ce qui soulève des questions. Même si, aujourd’hui, c’est M.  Manmohan Singh  qui est Premier ministre, les cartes sont dans les mains de Sonia Gandhi (Présidente du parti du Congrès) qui prépare le terrain pour son fils Rahul Gandhi en 2014, après que ce dernier ait raté son entrée en politique ! Le pouvoir est essentiellement détenu par l’oligarchie indienne qui se le « transmet ».

De plus, le régime est une démocratie parlementaire où les députés de la chambre du peuple sont élus au scrutin proportionnel ce qui signifie que le parti doit nouer des alliances fragiles ce qui nuit fortement au traitement des lois où l’on note un certain blocage comparable à la IVème République en France. Ainsi, un projet de loi anticorruption qui encadre fortement les politiciens et les fonctionnaires n’a pu être voté et traine toujours depuis… 1960 !

L’autre limite de la démocratie indienne est sa taille ! Cela nécessite une gestion scrupuleuse des élections qui ne sont que très peu respectées malgré le fédéralisme qui permet de mettre en œuvre une certaine démocratie représentative.

Des principes et des droits fondamentaux remis en cause…

Le problème des castes persiste encore aujourd’hui ! Si elles ont été abolies en 1950 (inscrit dans la constitution indienne) et que des politiques de discriminations positives ont été mises en œuvre pour améliorer la situation des discriminés ; les traditions persistent et ils sont encore offensés. Un autre sujet de première importance est la place de la femme au sein de la société indienne qui s’améliore peu à peu mais pas dans les endroits reculés. Enfin, la liberté de la presse est bafouée: selon Reporters sans frontières, l’Inde se trouve en 131ème position au sein du classement des pays où la liberté de la presse est respectée !

Gagandip Cheema