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« Chaïm SOUTINE (1893-1943), l’ordre du chaos »

Les couleurs flamboyantes d’un entre-deux-guerres tourmenté

L’Etablissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie présente actuellement une rétrospective de l’œuvre du peintre russe Chaïm SOUTINE.
C’est, en partie, grâce à la plus importante collection au monde du galeriste Paul Guillaume, conservée au musée de l’Orangerie, que cette exposition riche d’une soixantaine de peintures a pu voir le jour.
Elle s’articule autour de quatre thèmes chers à l’artiste que sont les portraits d’amis, les paysages, les natures mortes et les figures.

Ecoutons Claire BERNARDI, conservateur au musée d’Orsay : «  Le but de cette exposition, son principe était de donner une lecture renouvelée de l’oeuvre de Chaïm SOUTINE, qui a été très peu vu dans la totalité de son œuvre, et, en même temps, qui semble à beaucoup, un artiste maudit dont on connaît vaguement l’œuvre.

Donc ici, il s’agit de remontrer l’œuvre de Chaïm SOUTINE dans un regard plus distancié. »

Emission du 12.10.2012, sortir voir écouter sur France info.
 

« Peintre du déchirant »*, Chaïm Soutine peint sur le vif, par couches de couleurs toujours plus violentes et intenses.
Il cherche à retranscrire sur la toile ses pulsions, ses instincts intimes, sa bestialité.
C’est une peinture sensuelle et sensorielle qui se ressent plus que ne se regarde.
Un art exacerbé, quasi expressionniste, sans précédent à son époque mais qui fut mal compris de beaucoup.
Une légende d’artiste maudit, que le musée de l’Orangerie se propose aujourd’hui de réinterpréter.
On sait peu de choses sur Chaïm Soutine, il parlait peu, ne commentait pas son travail et n’a pas laissé d’écrits. Il était donc assuré de voir surgir des commentaires aussi fantasques qu’infondés … Réduire l’artiste à son œuvre, une peinture tourmentée, tragique ne pouvait que refléter une âme déchirée et dérangée ... La légende était née, bien malgré lui … Ses origines étrangères, sa judaïté n’ont fait que nourrir ces interprétations fantasmées.

Un Russe à Paris

Soutine naît dans l’actuelle Biélorussie, ancien Empire russe, dans une communauté juive, il vit dans la misère mais pourra s’en évader et rejoindre l’école des Beaux-Arts de Vilnius.
Il a 20 ans quand il arrive à Paris, tout lui plaît, la ville, ses monuments, ses sculptures ...
Il découvre Le Louvre, s’émerveille des Rembrandt, Chardin, Courbet ...
Il s’installe à La Ruche qui accueille des ateliers d’artistes, y côtoie Chagall, Zadkine, Kisling … et se lie d’amitié avec Modigliani. Il parfait son apprentissage à l’école des Beaux-Arts et est rattaché, de par ses origines, à l’Ecole de Paris des années folles.
Une ambiance bouillonnante, propice à la création …
A la suite d’un voyage dans le Midi, riche d’inspiration, il rencontre Paul Guillaume, un galeriste qui deviendra son principal mécène, sa carrière prend un nouvel essor qui ne le quittera pas.
Mais Soutine est malade, un ulcère à l’estomac, il mourra jeune, très jeune.

 

Admirée ou rejetée, sa peinture ne laisse pas indemne, suscite des émotions extrêmes à l’image de ces rouges sang, ou de ces figures difformes et laides … elle interroge aussi ... et n’est-ce pas l’une des fonctions essentielles de l’art … ?

 

Soutine Escalier rouge
Soutine Femme en rouge
L’escalier rouge à Cagnes 
1923-1924, 73×54 cm, Moscou,
MAGMA Museum of Avant-Garde Mastery 
 La femme en rouge
1923-1924, 92×65cm
 Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 

* Pierre Courthion, Soutine, peintre du déchirant, Lausanne, Edita, Paris, Denoël, 1972.

 Bon voyage …

 Natasha VASSILEFF

« Chaïm Soutine (1893-1943), l’ordre du chaos »

au musée de l’Orangerie, jardin des Tuileries,

jusqu’au 21 janvier 2013