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Une nouvelle espèce humaine ?

Une nouvelle ère est arrivée : celle de l'innovation ! La science est en constante progression et il est dorénavant possible de palier à au handicap par des moyens biotechnologiques. Prothèse robotisée, capteurs nerveux,  assistance par ordinateur … L'interaction entre l'homme et la machine n'a jamais été aussi présente dans notre société.

Un nouveau courant de pensée : Le transhumanisme

Si l'homme, pour certain, est une fin en soi, pour d'autre c'est un moyen !  Cette conception ouvre le champs des possibles à la transgression du corps autre que celles admises par les codes juridiques tel que la déclaration des droits de l'hommes, le code de Nuremberg, la loi Kouchner ou encore la loi Leonetti...  Cette notion moderne de l'homme offre une nouvelle vision de l'évolution où pour la première fois l'espèce serait acteur de sa propre évolution. C'est pour cela que certain philosophes comme Nick Bostrom ont pu  imaginer que la prochaine étape du processus évolutif humain serait l'alliance de l'homme et de la machine, vision futuriste voir fantaisiste mais qui pose la question de savoir ce qu’est un homme de la façon la plus aboutie. Cependant plusieurs barrières s'élèvent contre ce courant de pensée et notamment  des remparts biologiques et  éthiques. Ce nouveau concept de l'homme augmenté se décline à travers une visée thérapeutique et une visée purement méliorative.

De nouvelles possibilités thérapeutiques

Au-delà du progrès au nom du progrès, les biotechnologies deviennent un véritable espoir pour les personnes malades ayant besoin d'un moyen de palier à un handicap permanent, comme par exemple une prothèse robotisée "contrôlée par la pensée" reposant sur le  principe d'ostéointégration.  Cette méthode consiste à insérer une tige en titane dans l'os amputé sur laquelle viendra se fixer directement  la prothèse et fonctionnera par impulsion électrique. Ces avancées sont de plus en plus présentes et balayent de plus en plus les contraintes morphologiques et sensorielles  par de nouveaux procédés comme les imprimantes 3D. Pour Quentin Letan, Ostéopathe : " Les biotechnologies représentent un enjeu total pour les personnes handicapées et permettront humainement de grandes avancées par rapport à la personne handicapée ainsi que son image sociale et sociétale. "  Mais où fixons nous la limite ? Quand est-ce qu'on dépasse la frontière entre la thérapie et la performance ? Comment peut-on faire pour améliorer la santé sans tomber dans un eugénisme social et se lancer dans une course effrénée à la poursuite de la chimère qu'est l'immortalité ?

Au delà de la thérapie …. le désir de la performance.

Le GAFA est aujourd'hui un groupe d'acteur fondamental dans l'air du numérique qui fait trembler les états européens. Cet acronyme cache en réalité les quatre plus grands leaders du numérique, autrement dit GOOGLE, APPLE, FACEBOOK et AMAZONE. Un partenariat qui se veut sûr, éthique et transparent sur l'intelligence artificielle et les biotechnologies au service de la personne et de la société.  L'éthique est une notion dynamique visant à protéger l'homme et son environnement  mais à partir du moment où l'homme n'est plus défini comme tel alors il est facile de l'absoudre tout en adoptant en apparence un  "comportement éthique".

Pour Emmanuel Hirsch " Le transhumanisme est un mythe qu'on véhicule à travers les siècles et là on a l'impression que c'est possible, c'est un défi, pour nous démocrates, de dire si on l'accepte ou pas. " En effet c'est exactement le problème moderne actuel que se posent les pays démocratiques face à des sociétés privées qui travaillent à l'interface entre la biologie et la technologie en  déformant les barrières bioéthiques qui leurs font face.  La liberté de la personne prend peu à peu le dessus sur la dignité humaine et la société moderne qui se veut consommatrice, libérale et progressiste ouvre le champs des possibles à une certain eugénisme au service des sociétés privés.  Une éthique du futur doit être envisagée, une éthique contre l'exclusion et la différence, une éthique au service de la vulnérabilité. Il faut donc avoir conscience que certes l'humanité à vocation à progresser et transmettre mais le progrès technologique ne doit pas aller à l'encontre d'un progrès humain.

" Science sans conscience n'est que ruine de l'âme." Rabelais 

 

Benadjal Amin