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La femme en politique : un entretien avec Olivia Zérah Bugajski.

La femme est entrée dans le paysage électoral français très récemment. Initiée par le Général de Gaulle, cette reconnaissance date de 1944 lui ouvrant droit à l’éligibilité ainsi qu’au vote pour leur participation active lors de la Seconde Guerre Mondiale. Un droit obtenu tardivement comparé à certains voisins européens tels que la Roumanie (1938) ou encore la Turquie (1934).

Ce processus d’intégration de la femme dans la sphère politique a été continue dans le temps et semé d’embûches : la loi organique de la parité femmes-hommes du gouvernement Lionel Jospin en a été la traduction - source de conflit social au sein des deux assemblées, le vote fut difficilement accepté au sein du Sénat -  ainsi a-t-il pu déclarer le 16 février 1999 à l’Assemblée Nationale « je pense que si on tire le verrou constitutionnel nous donnerons ensemble un signale qui s’imposera alors plus pleinement à tous les décideurs politiques ».

Cette révision constitutionnelle a apporté une innovation constitutionnelle en ses articles 3  « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et  fonctions électives » et 4 les partis politiques « contribuent à la mise en œuvre de ce principe » ayant débouché sur la loi du 6 juin 2000 et s’applique aux scrutins de liste (réf. manuel de sociologie politique de Jean-Yves Dormagen et Daniel Mouchard). Mais cet accès de droit permet à des femmes compétentes d’accéder à des fonctions électives ou mandats électoraux en raison de leurs compétences – isolées par le passé et dorénavant visibles dans l’échiquier politique – et non pas pour combler un vide dans la représentation électorale.

Pouvez-vous me renseigner sur votre parcours scolaire, quel type d’étude avez-vous entrepris ?

« J’ai un bac ES, une licence et une maitrise de droit privé et j’ai fait un master de communication au Celsa avec une option agence et média.  Après ma maîtrise de droit j’ai fait un master de communication j’ai pu y développer une relation aux autres qui me convenait davantage »- une relation humaine – « ensuite j’ai fait un stage de fin d’année dans une très grosse agence, Euro RSCG, qui était l’agence de pub de Jacques Séguéla qui est quand même l’un des plus grands publicitaires en France et ils m’ont gardée après mon stage donc j’ai passé neuf ans en agence de pub comme concepteur rédacteur publicitaire. Je faisais des pubs pour la télé : m’occuper de la rédaction de slogans, des signatures de maques et des story-boards, des tournages. De fils en aiguilles, j’ai atterri dans l’événementiel parce que c’est un domaine lié à la communication et je suis devenue directrice événementielle au sein du groupe Lucien Barrière. J’ai aussi passé un concours de catégorie A de la fonction publique, que j’ai obtenu. Je travaille à la fois pour la ville d’Enghien-les-Bains et en même temps pour le casino Lucien Barrière » - une double casquette au sein de cette commune ne générant pas un conflit d’intérêt en raison du statut municipal du casino – « en parallèle, je suis adjointe au Maire de la ville de Levallois ».

Balkany et Olivia Zérah Bugajski

Patrick Balkany et Olivia Zérah Bugajski

 

Comment avez-vous été repérée pour occuper vos fonctions politiques au sein de la mairie de Levallois ?

« C’est Patrick Balkany qui m’a repérée. Au début j’ai commencé en tant que simple militante. J’ai travaillé pour sa campagne électorale pour la municipale de 2014. Je tractais sur le marché. Je faisais du porte à porte et je vais au contact des administrés tous les dimanches sur le marché. Patrick Balkany a trouvé que mon profil correspondait bien pour être une élue de Levallois. Lorsqu’il a été élu, il m’a proposée tout de suite le poste d’adjointe à une délégation très compliquée qui est le logement. »

En tant que femme politique est-ce que vous rencontrez des difficultés dans votre rapport avec les hommes ?

« Non. Aucune. Non. »

Aucun comportement différent en raison de votre statut de femme ?

« Non. »

Vis-à-vis de Patrick Balkany pas de comportement paternaliste ?

« Non. »

Pas d’usage de prénom, de remarques sur les vêtements ?

« Non. Rien du tout. C’est lié au caractère de la personne. Il faut poser des limites ».

Y-a-t-il une véritable délégation de pouvoir ou ont-ils lui et sa femme un regard sur ce que vous faites ?

« Il y a une véritable délégation. Je prépare seule mes dossiers et je suis autonome, même si, en tant que Maire de la ville, il garde un œil dessus. C’est le patron de la ville et c’est mon patron. »

 Leïla Benzekri