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Le Vol d’Icare de Raymond Queneau

Comme chaque mois, retrouvez votre chronique littéraire… Place ce mois-ci au désormais « classique » Vol d’Icare de Raymond Queneau publié en … 1968

C'est l'histoire farfelue d'un personnage de roman, Icare, qui s'échappe de son manuscrit et que l'auteur, Hubert, recherche. L'escapade d'Icare lui permet de découvrir la vie parisienne, tandis que l'écrivain engage un détective privé pour le retrouver.

Si le texte occupe 300 pages chez Folio Gallimard, il est néanmoins exceptionnellement aéré, car il s'agit en réalité d'une rencontre entre le roman et le théâtre : en fait, rien dans la forme de l'ouvrage ne permet de le distinguer d'une pièce de théâtre, et les 74 petit(e)s scènes-chapitres qui le constituent permettent une lecture à la fois très libre, très rapide et très pratique. L'écriture ne pose aucun problème de compréhension, nul besoin de décortiquer chaque phrase pour en comprendre le sens (comme chez Proust).

C'est un récit plein de rebondissements : des histoires d'absinthe, de duels, d'adultère, de secret médical, de mécanique … C’est un roman truffé de clins d'œil, d'allusions discrètes ou criardes, fines ou grossières, allant du jeu de mot le plus facile à la référence homérique la plus pointue. Au fil des répliques on ne compte plus le nombre de fois où l'on a souri; et l'on est surpris de constater que l’auteur parvient à s'amuser de tout sans jamais être violent, ni vulgaire.

Ce récit donne l'impression d'avoir été écrit par pur divertissement, juste pour rire, et on appréciera ce remarquable « manque de sérieux », assez rare chez les écrivains.

Voilà donc une œuvre légère, originale, amusante, du moins amusée et facile à lire, que je vous recommande vivement, parce que c'est un des quelques livres qui ont cette capacité étonnante de « nous reposer du monde ».

Si je devais signaler (à contrecœur) un bémol, je ne trouverais que celui-ci : finalement, on aurait aimé que l'histoire ne se termine pas si vite !

Anthony Sun