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Plafonds de taille en vue dans les sports américains ?

25/03/2014

Une récente étude parue dans le Journal of Sports Sciences compare les évolutions séculaires en matière de poids, taille et IMC entre population générale et athlètes américains. Ces comparaisons montrent clairement les différenciations morphologiques progressives selon les postes de jeu. Les liens entre biométrie et performance sont passés au crible chez les basketteurs en NBA.

Les données biométriques incluant Poids, Taille et Indice de Masse Corporelle (IMC = Poids / Taille2) ont été colligées pour plus de 50 000 athlètes américains représentant près de 250 000 performeurs annuels en baseball (MLB), football américain (NFL), hockey sur glace (NHL) et basketball (NBA), depuis leur première saison respective jusqu’en 2011.

Entre 1871 et 2011, les athlètes de ces quatre sports ont vu leur poids, leur taille et leur IMC augmenter suivant une fonction multi-exponentielle par séries. Les différences biométriques entre athlètes et population générale n’ont cessé de s’accroître en renforçant les écarts. A partir des années 1980, certaines incohérences entre croissance des poids et stagnation des tailles permettent de mesurer l’impact d’un recours large à des produits érgogéniques ou stéroïdiens, mis en lumière secondairement par le rapport Mitchell.

En football américain, des évolutions spécifiques dans la distribution des poids témoignent de l’émergence de spécificités biométriques précises, dépendantes du poste. A ces niveaux, l’efficience et la performance restent centrées autour d’intervalles anthropométriques étroits.

Afin de comprendre le rôle de ces caractéristiques dans la performance sportive, l’étude aborde également le total de points marqués en NBA selon la taille des joueurs et leur temps de jeu effectif au cours de chaque saison. La taille moyenne a varié au cours du siècle (croissance moyenne de 5,6% pour les athlètes américains) mais elle n’a quasiment plus changé depuis 1987. La valeur de 201,3 ± 6,3 cm définit désormais un optimum de performance, quel que soit le niveau de jeu (pour les joueurs les plus importants comme pour les moins utilisés).

« La relation entre le total de paniers marqués et la taille passe par un optimum : celui-ci définit probablement le meilleur compromis possible entre toutes les qualités nécessaires à la réussite. Il concilie des exigences parfois antinomiques afin de résoudre un problème d’optimisation à objectifs multiples » commente Adrien Sedeaud.

Cette étude révèle ainsi l’existence d’intervalles de plus en plus étroits pour la très haute performance. Ceci n’implique pas que les joueurs plus grands ou plus petits ne marquent pas, mais qu’ils marquent moins, et de moins en moins à mesure que leurs caractéristiques s’éloignent de l’intervalle : les performances maximales diminuent en effet régulièrement à mesure que la taille des joueurs s’éloigne de l’optimum du moment.

Ces résultats montrent que les lois allométriques continuent de guider le sport de haut niveau. Ces lois de puissance et de croissance organisent la performance autour des contraintes spécifiques liées à chacune des disciplines et chacun des postes de jeu.