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Le 1er mars 2019

Une étude pilotée par une équipe de l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP et du centre d’investigation clinique de l’AP-HP, et de l’unité Inserm 1163 « Laboratoire de Neurogénétique et Neuroinflammation » à l’Institut Imagine, en collaboration notamment avec des équipes de  l’université de Manchester et d’Edimbourg, a démontré qu’un traitement antirétroviral, initialement destiné à lutter contre le VIH-SIDA, permettait de diminuer pour la première fois les perturbations biologiques spécifiques observées dans  la maladie d’Aicardi-Goutières. Cette maladie génétique infantile entraîne des troubles neurologiques sévères.

Dirigés par les Prs Stéphane Blanche et Yannick Crow, ces travaux, financés par l’association ELA, ont fait l’objet d’une publication le 06 décembre 2018 dans le New England Journal of Medicine.  

Le syndrome d’Aicardi-Goutières est une maladie génétique rare entraînant des troubles neurologiques sévères identifiée à l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP il y a une trentaine d’années. Plusieurs mutations génétiques peuvent être à l’origine de cette maladie. La maladie est associée à une hyperproduction d’interféron α, dont la toxicité sur les cellules du cerveau est reconnue. L’une des hypothèses retenues serait que des fragments d’ADN naturellement produits par des rétrovirus endogènes ancestraux, intégrés dans notre génome, seraient insuffisamment dégradés. Or leur présence en excès déclencherait la production d’interféron α par la cellule, phénomène naturel ici dérégulé.

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Courriel: presse@parisdescartes.fr

Ce phénomène biologique présente de fortes similitudes avec l’activité dite de « rétro-transcription » du rétrovirus VIH-SIDA, lui aussi capable de transformer son ARN en ADN avant de s’intégrer dans l’ADN de la cellule qu’il infecte.

Cette similarité a conduit une équipe de l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP et du centre d’investigation clinique de l’AP-HP, de l’unité Inserm 1163 « Laboratoire de Neurogénétique et Neuroinflammation » à l’Institut Imagine, de  l’université de Manchester et d’Edinburgh menées par les Prs Yannick Crow et Stéphane Blanche, à mener un protocole original de traitement pendant un an de huit patients atteints d’Aicardi-Goutières à un stade avancé, par des médicaments* anti VIH-SIDA. Le but était de diminuer l’activité de rétro-transcription naturelle des rétrovirus endogènes et d’atténuer ainsi la production d’interféron α à l’origine du développement de la maladie.

L’expérience large et ancienne de ces médicaments chez les enfants atteints de VIH-SIDA permettait de réaliser cette étude dans les conditions de sécurité requises.

Plusieurs paramètres biologiques avant, pendant et après traitement, ont démontré que la production excessive d’interféron α était effectivement diminuée. Même si ce traitement ne permet pas d’espérer une guérison de la maladie à un stade avancé, les résultats biologiques obtenus donnent l’espoir qu’un traitement plus précoce, éventuellement associé à d’autres médicaments anti-interféron α, permettrait un contrôle de la maladie à un stade avancé et éviterait les conséquences neurologiques de l’hyper production de l’interféron α.

Cette étude montre aussi comment la recherche et la connaissance physiopathologique d’une maladie peuvent amener à la mise au point de traitements ciblés, y compris à l’utilisation inattendue de molécules anciennes et/ou destinées initialement à un tout autre usage.

* Médicaments de la classe des inhibiteurs de la reverse transcriptase en triple association (zidovudine – lamivudine – abacavir)

Sources :

Rice GI, Meyzer C, Bouazza N, Hully M, Boddaert N, Semeraro M, Zeef LAH, Rozenberg F, Bondet V, 
Duffy D, Llibre A, Baek J, Sambe MN, Henry E, Jolaine V,Barnerias C, Barth M, Belot A, Cances C,
Debray FG, Doummar D, Frémond ML,Kitabayashi N, Lepelley A, Levrat V, Melki I, Meyer P, Nougues MC,
Renaldo F,Rodero MP, Rodriguez D, Roubertie A, Seabra L, Uggenti C, Abdoul H, Treluyer JM,
Desguerre I, Blanche S, Crow YJ.
Reverse-Transcriptase Inhibitors in the Aicardi–Goutières Syndrome.
N Engl J Med. 2018 Dec 6;379(23):2275-7

À propos de l’AP-HP :
L’AP-HP est un centre hospitalier universitaire, acteur majeur de la recherche clinique en France et en Europe mondialement reconnu. Ses 39 hôpitaux accueillent chaque année 10 millions de personnes malades : en consultation, en urgence, lors d’hospitalisations programmées ou en hospitalisation à domicile. Elle assure un service public de santé pour tous, 24h/24, et c’est pour elle à la fois un devoir et une fierté. L’AP-HP est le premier employeur d’Île-de-France : 95 000 personnes – médecins, chercheurs, paramédicaux, personnels administratifs et ouvriers – y travaillent.
http://www.aphp.fr

A propos de l’Inserm :
Créé en 1964, l’Inserm est un établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la double tutelle du ministère de la Santé et du ministère de la Recherche. Dédié à la recherche biologique, médicale et à la santé humaine, il se positionne sur l’ensemble du parcours allant du laboratoire de recherche au lit du patient. Sur la scène internationale, il est le partenaire des plus grandes institutions engagées dans les défis et progrès scientifiques de ces domaines.
https://www.inserm.fr/

A propos de l’Université Paris Descartes :
L’Université Paris Descartes, l’université des sciences de l’Homme et de la santé à Paris. Avec ses 9 Unités de Formation et de Recherche (UFR) et son IUT, l’Université Paris Descartes couvre l’ensemble des connaissances en sciences de l’Homme et de la
santé. Seule université francilienne réunissant médecine, pharmacie, dentaire et maïeutique, son pôle santé est internationalement reconnu pour la qualité de ses formations et l’excellence de sa recherche.